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Le Nil

Jean-François GUILLOU
Le Nil (Les grands fleuves du monde)
Amsterdam : Time Life Books, 1997. 140 p.

Que connaît-on du Nil ? L’image d’un fleuve déroulant son cours majestueux à travers le désert. Le profil étonnant des pyramides et le souvenir des pharaons. des voiles blanches qui glissent le long de l’étroite bande verte des champs irrigués. Quelques noms qui renvoient à l’époque des grandes missions d’exploration de la fin du XIXe siècle : Burton, Speke, Grant, Stanley… D’autres noms qui embrassent des millénaires : Moïse, Cléopâtre, Saladin, Champollion, Mariette. Tout semble s’y rejoindre : l’Afrique, l’Asie et l’Europe, les trois religions du Livre, un passé grandiose et un avenir incertain.
Car le Nil, c’est d’abord le fleuve des civilisations, le fleuve des hommes. Ptolémée (astronome grec du IIe siècle) situait la source du Nil dans les « montagnes de la lune ». Stanley découvrit celles-ci après des siècles d’oubli, un jour de 1888. Il s’agissait du Ruwenzori, une montagne culminant à plus de 5000 mètres d’altitude, à la frontière du Zaïre et de l’Ouganda actuels. Mais la source ultime se trouvait encore plus au sud.
C’est un petit ruisseau appelé Kasumo. Un minuscule filet d’eau qui a fait couler beaucoup d’encre. De cette modeste origine jusqu’à son delta, le Nil parcourt 6 700 kilomètres en direction du nord, en traversant le bush ougandais, les marécages des « sadd » (ou du Sudd) au Soudan, avant de se joindre, à Khartoum, au Nil bleu qui descend du lac éthiopien de Tana.
Vénéré par les Égyptiens sous le nom de Hâpi, appelé Chrysonoas par les Grecs puis Bahr (la mer) par les Arabes, le Nil, en apparence, a livré son secret. Cartograhié, domestiqué, envahi par une flotte sans cesse grandissante de bateaux-hôtels, le mythe pourrait sembler vacillant. Et pourtant, qui connaît vraiment le Nil ?

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