Nous sommes une espèce saisonnière
Le soir, parfois, fêtards écrevisses,
séchés, douchés, huilés
certains s’en vont
sous les lampions des baloches
qui les emmènent, amènes,
à s’oublier un soir, une nuit.
Cieux limpides.
Nuits paisibles.
J’avais dans mon coffre des affres
de semaines mornes,
de nuits sans sommeil,
de mois sans soleil.
J’ai maintenant sous ma peau
des tonnes de posidonies
qui viennent ici s’échouer
sur le sable des plages,
à former des banquettes molles
de lanières qui collent à la peau
comme des timbres désuets
couleur sépia
couleur de sel marin.
Sel de la terre,
sel de la mer,
sel de la vie qui passe.
